HISTORIQUE du CEC

Historique du CEC de la Maison
de l’Amérique Latine, SEUL ASBL

En 1977, un groupe des parents, d’enseignants, de psychologues (tous exilés latino-américains) décident d’ouvrir un atelier créatif pour les enfants, comme moyen de préservation et de maintien de l’identité culturelle et comme mécanisme afin de faciliter une intégration plus aisée des enfants au milieu belge. Rappelons que bon nombre d’entre eux ont récemment été victimes, directes ou indirectes, de la répression qui a sévi dans leurs pays d’origine. Leurs parents ont été torturés, ou étaient toujours prisonniers politiques, voire tués ou disparus dans certains cas. Plus tard, la rencontre entre parents et enfants se révéla souvent difficile. D’où la création d’ateliers permettant aussi bien aux enfants qu’aux adultes d’exprimer la tension cumulée à travers la création artistique. Il est clair que les ateliers avaient parfois un rôle thérapeutique. En 1978, quelques personnes, déjà dotées d’une expérience professionnelle, avaient non seulement créé un atelier de théâtre, mais aussi un atelier de sérigraphies et d’affiches afin d’élargir le champ d’activités vers la création artistique.

Historiquement, le CEC était localisé à St. Gilles, dans un quartier très populaire, à forte concentration d’immigrés, parmi lesquels un grand nombre de Latino-américains. La Maison de l’Amérique Latine siégeait rue du Suède, et était très accessible grâce à la proximité de la Gare du Midi (300 m.). À l’époque, on pouvait définir le quartier socio-culturellement comme étant défavorisé avec une présence importante d’Espagnols et de Grecques. La MAL avait noué des relations étroites avec plusieurs organisations espagnoles du quartier, qui participaient avec leurs publics à nos activités créatives.

Les usages du CEC provenaient à la fois des différents quartiers de Bruxelles et même de l’extérieur de l’agglomération. Trois tranches d’âges étaient visées (enfant, ados et adultes), avec une forte diversification au niveau de l’origine sociale des participants (enfants d’ouvriers, d’employés, chômeurs à la recherche d’une formation élèves en primaire ou secondaire et étudiants faisant des études supérieures. Leurs objectifs : trouver un ensemble d’activités créatives et socioculturelles, dans l’optique de recréer leur propre identité culturelle et de la faire connaitre, avec le souci de se tenir informés sur ce qui se passe dans le pays d’origine.

À cette époque, notre CEC s’efforçait de procurer des réponses collectives et créatives à une série des problèmes posé à l’ensemble de la diaspora latino-américaine, dont le trait le plus caractéristique est qu’ils étaient pour la plupart des réfugiés politiques qui avaient fui les dictatures militaires en Amérique latine (Brésil 1964, Chili 1973, Uruguay 1975, Argentine 1976, …)

  1. Besoin de maintenir l’identité culturelle en rapport avec les valeurs d’origine.
  2. Solutions à des problèmes spécifiques, tels que le déséquilibre psychosociologique provoqué par la torture et la répression.
  3. Problèmes d’adaptation et d’intégration à la société d’accueil
  4. Nécessité de continuer à développer toutes les expériences culturelles vécues au pays d’origine, à les recréer à partir de la situation d’exil et de la partager avec le citoyen belge.

Ainsi, le CEC cherchait à réveiller la conscience collective en encourageant la créativité et l’initiative a la fois individuelle et par le travail en commun.

Depuis ses tout débuts, les facettes du CEC sont illustrées par les ateliers suivants :

  • Un atelier de Sérigraphie qui fonctionnait 4 jours par semaine et est totalisait 18h par semaine.
  • Un atelier Théâtre pour adultes deux fois par semaine avec 6 h d’activités.
  • Un atelier de chants et peintures pour enfants une fois par semaine et pendant 4h.
  • Un atelier marionnettes pour enfants d’une séance de 2 heures par semaine.

Le développement de ces activités va déboucher, le 3 octobre 1980, sur une reconnaissance officielle comme Centre d’Expression et de Créativité par le Ministre de la Communauté française avec droit à une subvention de fonctionnement et d’animation.

En 1983, notre CEC introduit pour la première fois en Belgique un atelier de danse consacré a la Salsa et deux ans plus tard un atelier consacré au tango, ainsi que des ateliers consacrés à la créativité pour les enfants développés avec stages pendant les vacances scolaires.

Vers les années 1990, avec l’arrivé en masse d’immigrants économiques latino-américains (principalement équatoriens, colombiens, brésiliens, péruviens…) les ateliers vont s’accroître car la demande et les besoin des ces nouveau primo arrivants se manifestent vivement, à travers les revendications d’une reconnaissance légale, un permis de travail et les droits de scolarisation et de santé pour leurs enfants.

Voila pourquoi la nécessité de créer de nouveaux espaces de créativité artistique s’impose en tant que manière ou outil intelligent, flexibles, afin de canaliser les frustrations sociales, et aussi l’énergie qui se dégage des ces nouveau citoyens qui ont pour seule envie celle d’entreprendre un projet de vie différent que celui-vécu par le passé.

Pendant 5 ans, le CEC a organisé un stage des vacances d’été à la mer et dans les Ardennes pour enfants et adolescents en partenariat avec la mutuelle socialiste, chrétienne et plus tard avec la mutuelle neutre. C’est alors que notre CEC a ouvert pour les adultes des ateliers de théâtre en espagnols, en français. L’expression musicale par le travail de la voix et du chant se verra consolidé avec l’existence dans le temps de la chorale Anaconda qui chaque année rassemble plus des 35 participants autour d’un répertoire musicale latino-américains et des musiques du monde. Le CEC a fait du chemin, et s’est amélioré depuis sa création, surtout en matière de professionnalisme et de démarche pédagogique. Celle-ci est devenue plus étoffée et mieux adaptées aux exigences et aux besoins de notre public-cible. Elle répond à l’objectif final de faciliter la prise de conscience de l’enfant et de l’adulte. Les encourageant à s’intégrer à la communauté tout en conservant leur diversité culturelle. Du point de vue quantitatif, les ateliers deviennent plus nombreux, répondant ainsi à une demande plus importante, suite à la hausse de l’immigration latino-américaine en Belgique et des familles biculturelles cherchant d’espaces créatifs qui travaillent en double culture.