NOTRE HISTOIRE

A PRESQUE 70 ANS D’HISTOIRE DANS LE ROYAUME DE BELGIQUE…

Le 4 juillet 1923, une brillante association d’industriels et de personnalités du monde des affaires, sous la présidence de M. Michel Levi, Ministre d’Etat et M. Jules Carlier, Président du Comité Central Industriel, consacrait la création de la Chambre de commerce belgo latino-américaine, en présence du corps diplomatique et consulaire de l’Amérique Latine. Cette initiative est chaudement saluée et soutenue par le Roi Albert, lequel dira « …rendra certainement les plus grands services aux relations industrielles et commerciales de la Belgique avec les pays de l’Amérique latine ».

L’objectif de cette Chambre de commerce, située à l’époque à rue Ducale 33 à 1000 Bruxelles, est de mettre en rapport des importateurs latino-américains avec des industriels belges, être en quelque sorte les intermédiaires ou médiateurs chargés d’améliorer et normaliser des rapports commerciaux amorcés qui sans cette intervention seraient restés sans suite.

C’est dans ce contexte, que surgit l’idée de créer une Maison de l’Amérique Latine. Cette initiative est poussée par M. Michel Levi et M. Georges Rouma, Secrétaire Général de la Chambre de Commerce. L’idée est donc proposée dans l’Assemblée générale de la Chambre de commerce, le 16 décembre 1930 et acceptée par la totalité des membres.

Le 20 mai 1931, inauguration officielle de la première Maison de l’Amérique Latine asbl, située à rue de la Loi 180 à 1000 Bruxelles, sur le Royaume de Belgique. L’idée et les objectifs décrits par M. Levi ne sont pas du tout contraires et différents de ceux que nous pourrions souhaiter aujourd’hui « …nous voulons réunir, autour du foyer nouveau, des industriels, des commerçants, des financiers, des professions, des hommes de science, des artistes, des étudiants, des touristes… ».

Cette nouvelle Maison était sensée être un foyer d’activité, d’expérience, de coopération et de contact. Des conférences, des enquêtes et des études, des expositions temporaires et permanentes étaient organisées tout au long de l’année. A l’époque tout le monde croit à ce projet qui atteint son apogée dans les années 40-60. Cette énorme institution reçoit les ambassadeurs latino-américains en grande pompe affin de consolider et d’établir des liens commerciaux entre investisseurs, entrepreneurs et industriels. Pendant une période de 20 ans, cette initiative eut le mérite d’unir les pays latino-américains avec une vue progressiste et solidaire.

La culture a aussi une place importante dans cette grande effervescence. La revue Belgique Amérique Latine transmet des études économiques mais les chroniques culturelles sont présentes de manière systématique, de même se suivent conférences, colloques et expositions permettant de diffuser une culture tout à fait inconnue à ce moment là. Après ce premier échange commercial et culturel, les liens entre la Belgique et l’Amérique Latine se voient consolidés, nous voyons alors se développer d’autre types d’échanges comme l’éducation. C’est alors que surgit, Le Service Européen des Universitaires Latino-américains (SEUL a.s.b.l.)en 1964, à la demande même des boursiers latinos de nos universités. La Maison de l’Amérique latine était en cela héritière de son homologue d’avant guerre : le Centre d’Information sur l’Amérique latine, destiné à promouvoir, en même temps que la culture, les échanges commerciaux et les investissements.

Le SEUL des débuts avait des correspondants dans toute l’Europe qui alimentaient la réflexion critique sur les politiques des régimes en place. Dans les années 70, la communauté latino-américaine dès lors, formée par des étudiants, se verra marquée par l’afflux de réfugiés politiques en provenance du Brésil, Uruguay, Argentine, Chili. Refondée le 4 décembre 1976, la Maison de l’Amérique Latine SEUL asbl développe alors des actions de solidarité au sens politique et social. Elle devient aussi, petit à petit, un lieu de référence pour les comités de solidarité et un espace culturel. C’est à ce titre qu’elle sera reconnue en 1980 par l’AGCD comme lieu d’accueil pour étudiants latino-américains. Par la suite, l’augmentation des projets, leur spécificité et leur originalité ont valu à la Maison de l’Amérique Latine d’être reconnue par le Ministère de la Communauté française de Belgique, comme Organisation Régionale d’Education Permanente (SEP) et comme Centre d’Expression et de créativité (CEC). Et encore une reconnaissance dans le travail de cohésion sociale, régionale et locale.