A primera vista : El Salvador

Du 23 janvier au 6 février

J’ai connu le centre ville de San Salvador, la capitale, à 19 ans en allant chercher des films dans une rue dédiée à la vente de dvd piratés. J’ai pour la première fois, pris le transport public à 23 ans et je me suis enfin promenée en ville quand je suis venue étudier en France. La vie et son déroulement sont délimités par des frontières invisibles. Tout se fait en voiture. De la maison à l’école, en passant par la boîte de nuit, les vacances aux plages privées, la piscine des clubs, etc. Les entrées sont réservées aux membres ou les prix trop élevés en limitent naturellement l’accès. NRDA: nous nous réservons le droit d’admission.

Quand je repense à ma vie au Salvador, rien ne semblait exister en dehors de ces zones tacitement désignées comme aptes à la fréquentation pour ces quelques milliers de salvadoriens plus ou moins privilégiés. De fait, la ville semblait beaucoup plus petite et on peut dire que tout le monde se connaissait.

Le Salvador est souvent peu connu, mal connu ou inconnu. Les stéréotypes auxquels est associé le pays découlent d’une histoire violente et d’une réalité sociale contemporaine complexe. A l’étranger, il est associé soit à l’inexistence, soit aux activités des gangs qui interpellent les médias internationaux.  Or, même si la violence est une des cartes de présentation du pays au point qu’elle semble une caractéristique propre, je n’ai moi-même jamais croisé personne ayant les signes d’appartenance à un gang. Cette non rencontre est sans aucun doute le produit de la ségrégation permettant la coexistence de réalités diamétralement opposées.

Depuis la colonisation, le pouvoir a toujours été entre les mains de groupes très restreints. En découle une société génératrice d’inégalités où la vie de la majorité est déterminée par l’avis d’une minorité. Les pièces bougent de telle manière qu’elles ne peuvent produire autre chose que pauvreté, violence et instabilité dans tous les domaines. Bien que ce schéma ne soit pas exclusif au Salvador, il est d’autant plus visible de par le vertigineux fossé social.

Cette série de photos montre une réalité qui va au delà des stéréotypes sociaux. Il ne s’agit pas de nier l’existence de conflits mais de dénoncer un manque de nuance. Dans le quotidien de tous les salvadoriens il y a bien plus que violence, même si celle-ci les accompagne. Pour ce faire nous avons décidé d’aller au delà des frontières internes et invisibles qui séparent cette société.

Les photographies traduisent deux regards, celui de Beatriz, qui avais rarement vu les marchés, utilisé les bus publics ou visité un village au bord de la mer et celui de Maïté qui découvrait le pays au delà de son folklore : l’américanisation du mode de vie, les paysages urbains avec leur marrée de panneaux publicitaires, l’existence des classes aisées et du personnel de service qui les accompagne: chauffeur, dame de service, garde du corps, etc.
Finalement cette confrontation des regards débouche sur un résultât complémentaire et des images reflétant la diversité locale. Lorsque les idées reçues se questionnent s’offre la possibilité de percevoir autrement. Peut être que cela peut aussi susciter l’envie de comprendre la racine de ce qui semble aller de soi.

Maïté Baldi

Co-fondatrice de Foco Association, Maïté est né le 10 mai 1987 à Marseille, en France. Après l’obtention du baccalauréat elle part vivre en Irlande et en Espagne dans le cadre de ses études de langues. Après quelques mois de voyage en Afrique elle décide de reprendre un master en Coopération Internationale et Gestion de Projet à Grenoble.
Pour son stage de fin d’études elle part 7 mois vivre en Amazonie équatorienne ou elle se confronte avec une réalité locale loin de l’archétype de l’indien à plumes.
Elle décide de venir en Belgique faire des études de photographie à l’École Agnès Varda. Un outil de plus pour témoigner de l’existence de réalités plus riches.

Beatriz Maida Pacas

Co-fondatrice de Foco Association, Beatriz est né au Salvador le 10 mars 1989. Après l’obtention du baccalauréat français en 2007, elle part vivre en Bolivie et fait du bénévolat pendant un an. Par la suite elle entame une licence de sciences politiques à l’Université Lumière Lyon II en France. Dans le cadre des études elle fait un stage dans une communauté indienne en Amazonie équatorienne qui va affirmer son besoin d’appréhender les questions sociales autrement. La politique semble être un jeu qui ne lui convient pas.
Accepté dans les deux masters de son choix, elle décide de mener un double parcours en Développement Économique et Social et Anthropologie. L’idée d’instrumentaliser la méthodologie de la recherche pour la mise en place de projets concrets devient un objectif.
Foco Association naît de la rencontre de Beatriz et Maïté et leur envie réciproque d’avoir une approche transversale pour mettre en lumière le caractère multiple de la réalité.

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